« Politique nationale de production animale et halieutique en Côte d’Ivoire : Enjeux, défis et perspectives » , c’est sous ce thème que s’est tenu, ce mercredi 2 avril 2025 à l’auditorium de la Primature, le nouveau rendez-vous du Gouvernement. Animée par M. Sidi Tiémoko Touré, Ministre des Ressources Animales et Halieutiques, cette rencontre s’inscrit dans la volonté de l’État ivoirien de renforcer la transparence et le dialogue, en informant le public sur les grandes orientations du secteur.
Ouvrant la série des allocutions, la directrice du CICG a également pris la parole pour souligner les enjeux alimentaires grandissants en Côte d’Ivoire. Selon elle, depuis 1960, l’augmentation démographique a multiplié par dix les défis liés à l’alimentation, nécessitant de nourrir un nombre de personnes dix fois supérieur à celui d’antan. Elle a précisé que la capacité de production locale en viande et en poisson, considérée comme un baromètre des performances gouvernementales, est aujourd’hui mise à rude épreuve.

Elle a poursuivi en abordant les récentes crises et les tendances protectionnistes révélées par la pandémie, soulignant que la sécurité et la souveraineté alimentaires sont désormais des priorités majeures. « Face à ces défis, il est essentiel d’informer objectivement la population, de contrer la désinformation et de renforcer la transparence de l’action publique », a-t-elle indiqué, en appelant également les journalistes à poser des questions pour approfondir ces sujets.
Au cœur des préoccupations du ministre, la modernisation des filières de production animale et halieutique est primordiale pour garantir l’autosuffisance alimentaire de la Côte d’Ivoire. Selon M. Touré, la priorité gouvernementale est de développer la production locale de viande et de poisson afin de réduire la dépendance aux importations. « Nous devons impérativement investir dans des pratiques plus performantes et durables. L’objectif est de garantir une production alimentaire locale, suffisante, accessible et de qualité pour tous », a-t-il souligné. Il a précisé que cet objectif passe par l’amélioration de la productivité et le soutien aux producteurs, en particulier les petits exploitants.
Le financement a également été au centre des discussions. Le ministre a mis l’accent sur l’importance d’un soutien renforcé pour les producteurs, notamment les exploitants à petite échelle, afin de stimuler la compétitivité et la croissance du secteur. Il a annoncé la mise en place effective de fonds de garantie et de promotion, destinés à faciliter l’accès au financement pour les acteurs de la filière. « L’inclusion financière est un levier stratégique pour dynamiser la production et garantir une meilleure compétitivité sur le marché », a-t-il ajouté.
De plus, la sécurité sanitaire, enjeu majeur pour la stabilité du secteur, a aussi été abordée. M. Touré a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de surveillance pour prévenir les épizooties et les maladies transfrontalières susceptibles de mettre en péril les ressources animales et halieutiques. « La protection de notre cheptel et de nos ressources halieutiques reste une priorité absolue pour assurer une production stable et durable », a-t-il déclaré.
Conscient des impacts du changement climatique et des crises géopolitiques qui affectent les chaînes d’approvisionnement et la production d’intrants, le ministre a souligné l’importance d’adapter les filières face à ces enjeux mondiaux. « Il est crucial d’anticiper les crises et d’innover pour minimiser leurs effets sur notre production, afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire et de maintenir une résilience face aux incertitudes », a-t-il conclu
Pour répondre aux défis posés, M. Touré a présenté une feuille de route ambitieuse et structurée autour de plusieurs axes stratégiques : Renforcer la gouvernance et l’organisation des filières : mise en place de cadres réglementaires adaptés et structuration des acteurs pour une gestion plus efficace et transparente ; Stimuler la production locale : modernisation des techniques d’élevage, développement de la pisciculture et amélioration de la productivité dans les filières bovine, porcine, avicole et halieutique ; Sécuriser la production : instaurer des mécanismes de surveillance, de contrôle et de vaccination pour prévenir les risques sanitaires et encourager la recherche et l’innovation : adoption de technologies modernes, développement de semences fourragères adaptées et valorisation de la biodiversité locale.

Cet événement a illustré l’engagement du gouvernement à maintenir un dialogue ouvert avec les citoyens et les acteurs du secteur, tout en réaffirmant sa volonté de garantir la souveraineté alimentaire du pays. Face aux crises sanitaires et géopolitiques mondiales, ces réformes visent à construire une production animale et halieutique robuste, capable de soutenir la croissance économique et d’assurer une alimentation saine pour tous les Ivoiriens. « Notre priorité est claire : moderniser et structurer durablement le secteur des ressources animales et halieutiques pour garantir l’autosuffisance alimentaire et créer de la richesse », a conclu M. Touré.
Les propositions ambitieuses de ce dernier jetteraient ainsi les bases d’un développement durable et résilient, garantissant la prospérité du secteur et le bien-être des populations ivoiriennes.
Julien KOFFI
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